Lala rita's story
Après avoir baisé avec la moitié de la planète terre il est temps que je me fasse un petit dépistage vite fait, comme tout être humain qui se respecte. Tout d’abord, je me renseigne …. Il y’a une seule association qui se bat contre le sida dans le plus beau pays du monde et en plus pour appeler, c’est payant !!! Pas de solde ftilifoune ? Envoyer un email… réponse non-assurée. Sachant que c’est pour mon bien et pour celui de l’autre moitié de l’humanité avec laquelle je n’ai pas encore baisé, je décide de recharger un peu plus de 20 dhs et d’appeler ce foutu numéro. Au bout du fil un gentil monsieur me donne toutes les informations nécessaires et suffisantes ; pour un dépistage gratuit et anonyme (surtout gratuit), voir le centre de dépistage de l ‘assoc le plus proche. Aussitôt dit, aussitôt fait, je grimpe dans la bagnole d’une amie et on va direct au centre… en route je stresse comme pas possible ; tout d’abord, la bent darhom en moi qui râle : « Tu fais chier t’aurais pu attendre de te marier avant de sexer comme ça même si tu chopes un truc, ce serait de la faute de ton mari ». Puis la pute en moi qui rapplique : « Ta gueule, je fais ce que je veux de mon Q, mais merde comment j’ai pu oublier d’imposer ke dak le connard mette une capote … ah ben oui... whisky… (Bravo très intelligente la demoiselle). Pendant que je me gueule dessus à l’intérieur de moi même pour avoir sexé sans capote et sous effet d’alcool, je commence à triper sur la vie sexuelle du partenaire concerné. Sachant que je ne suis pas la seule qui a eu le privilège de le consommer, et que pas toutes les filles avec qui il fait hum-hum se protègent, et que leurs partenaires à leur tour ne se protègent sûrement pas, je pete un câble. On s’arrête dans une Saka sur la route et je décide d’investire dans un paquet de rouges et tant pis pour le cancer du poumon, s’il se trouve, j’ai le sida. C’est là que je m’acharne sur ma copine qui elle n’a rien à voir dans cette histoire : « pourquoi les mecs n’aiment pas utiliser de capotes ? » Je lis dans ses yeux : « et toi pourquoi t’en as pas utilisé cette fois là ? » Lisant à son tour dans mes yeux que je vais défoncer sa gueule si elle me sort ça, elle me répond que c’est peut-être parce qu’ils n’aiment pas le contact avec le latex…. « Et le contact avec le HIV », je réponds, « ils aiment ça ? » Mais les yeux de ma copine avaient raison ; tout comme le gars en question, je suis fautive… mais comme toute bonne marocaine qui se respecte, je rejette la faute sur dak l9er3a qu’il a posé en boite… satané whisky de mes fesses…mais c’est là que je me rends compte que si moi je l’ai fait une fois par mégarde, beaucoup des mecs avec qui j’ai sexé (bah oui, je suis une pute, rappelez-vous) m’avaient soulé avec leurs : oh ! Non ! Pas de capotes… tu sais bien que je n’ai que toi dans ma vie (tout en sachant que moi je n’avais pas qu’eux dans la mienne). Cela voudrait-il dire que nos mâles marocains refusent d’en utiliser et y parviennent quand la fille ne répond pas : « mets là ou je te castre » ? Mais ils n’ont pas peur ou quoi ??? Croient-ils que, comme pour les accidents de la route, ça n’arrive qu’aux autres ? Mais il n’y que le Loto qui n’arrive qu’aux autres (contrairement au à ce que dit la pub) un peu de conscience les amis!!
On arrive ; je descends de la caisse ma clope au bec je m’en fous si le centre est dans un quartier populaire ; de toute façon c’est pas une bent darhom qui va se ramener dans un centre de dépistage … (ok c’est bon je l’éteints… pff). On arrive, une demoiselle nous accueille et nous demande d’attendre gentiment le médecin bénévole qui va me la mettre (la seringue bien sûr). Ponctualité oblige, un demi-paquet de Marlboro et trois mandarines (offertes par la gentille dame) plus tard, le médecin arrive ; je frôle l’infarctus. Pendant qu’il voit un patient qui était là avant moi, je vois se ramener des bambins du collège d’à côté réclamant des préservatifs étatiques offerts gratuitement par l’association. Ils n’ont pas 15 ans ; c’est peut-être pour ça qu’ils en font des ballons et les jettent sur les passantes. La dame râle mais finit par en donner après que les gosses aient prétendu avoir 18 ans… c’est comme ça, elle n’y peut rien, c’est la loi. C’est donc dans les rues, bourrés d’air, que nos préservatifs marocains finissent…bien triste réalité. Mon tour arrive, j’entre dans le cabinet le cœur qui va décoller tellement il bat vite. Le médecin est adorable, il me fait la conversation, et à aucun moment ne me parle de ma sexualité ou des raisons pour lesquelles je fais le test. Tout se passe pour le mieux et je sors attendre les résultats ; cette fois je fume parce que vraiment waaaaa3. 15 minutes plus tard, la dame m’appelle, je vais voir le médecin qui me donne une petite feuille avec mon numéro et « négatif » écrit dessus, un immense sourire sur les lèvres. Je sors en sautant comme une folle, mon amie se met à sauter aussi, c’est carrément la fête dans le centre ; la dame à l’accueil me dit « 3la slamtek a hbiba, wa had lmerra prends tes précautions » et me file 12 capotes que je garderai toute ma vie comme souvenir de la plus grande montée d’adrénaline de toute mon existence prostitutionnelle. La vie est belle, plus jamais de sexe sans capote… maintenant que j’en ai 12 autant fêter ça ! Vaut mieux pas avec celles-ci, paraît que les capotes étatiques puent et se déchirent vite… c’est cool, reste plus qu’à en acheter d’autres
Un peu de sérieux, on ne joue pas avec ça… USE CONDOMS.